Le virus de la diarrhée verbale

J’avais une copine qui parlait constamment. Au début, je la trouvais intéressante, car j’apprenais beaucoup de choses sur ce qui se passait à l’école et sur les autres, tels : « Savais-tu que le professeur de français se marie cet été? As-tu vu l’annonce offrant un nouveau menu santé à la cafétéria dès septembre? As-tu entendu ce que Benoit a dit à Josiane? Etc. ».
 
Après un certain temps, j’ai découvert qu’elle était atteinte du virus de la diarrhée verbale. Je me suis mise à l’éviter, car j’avais peur que ce soit contagieux. En plus, je ne pouvais plus endurer sa présence : ses conversations remplissaient mes narines de dédain. Je me suis donc mise à énumérer les choses qui me dérangeaient de ses propos :
 
  • Elle se mêle toujours des affaires des autres
  • Elle transforme un petit détail insignifiant en grande histoire dramatique
  • Elle ne dit que des choses négatives des gens
  • Elle blâme et critique tout et tous
  • Elle a toujours raison, les autres ont toujours tort
  • Elle ne prend aucune responsabilité pour ses paroles et ses actions
  • Elle fait un drame de faits qu’elle ne peut changer plutôt que d’accepter les choses telles qu’elles sont
Cet exercice m’a fait réaliser l’importance de mes paroles. Je me suis mise à être plus attentive à mes conversations. J’ai pris le temps de m’écouter parler et d’entendre chaque mot que je disais. Je me suis vite rendu compte que je parlais beaucoup des autres moi aussi (pas toujours en bien), et ça m’a rendue mal à l’aise. C’était pire lorsque j’étais fâchée; la diarrhée verbale me laissait un goût amer et au lieu de me débarrasser de cette maladie répugnante, je répétais à tout ceux qui voulait entendre – et ceux qui ne voulait pas. Je devais absolument rectifier ce comportement maladif abominable! Mais comment?
 
La diarrhée verbale : une maladie qui se guérit
 
Premièrement, j’ai compris que parler beaucoup faisait partie de ma nature, et ça, je ne pourrais jamais le changer et je devais donc l’accepter. J’ai également compris qu’il n’y avait rien de mal à parler des autres si c’était fait de façon positive. Lorsque je me concentre sur les bonnes choses que les autres font et que j’en parle positivement, j’élimine cette souffrance qui m’afflige. Eh oui! C’est moi qui en souffre le plus! Pensez-y! Si je parle en mal des autres, qui vous dit que je ne parle pas en mal de vous? Qui donc me fera confiance? M’offrira des opportunités? Me lancera des invitations?
 

Guérison efficace en 10 minutes

J’ai trouvé un truc simple et efficace qui fonctionne à merveille lorsqu’il est bien utilisé : la règle du 10 minutes. Je m’explique. Je me suis imposé un règlement qui me permet de bavasser, de critiquer, d’être négative, etc. pendant 10 minutes par jour seulement. MAXIMUM. Ces 10 minutes ne sont pas encaissables et ne peuvent pas être accumulées pour utilisation le lendemain. Si ces 10 minutes ne sont pas utilisées dans la journée même, elles sont perdues à tout jamais.
 
J’avoue qu’au début, je dépassais souvent mes 10 minutes permises, mais avec le temps, il est devenu facile de respecter cette règle. Maintenant, je suis tellement habituée d’utiliser ce truc que je me sers à peine d’une minute par jour.
 
Le secret derrière l’efficacité de la règle des 10 minutes
 
Le secret derrière l’efficacité de cette règle, c’est de l’expliquer aux autres. Par exemple : « Je me suis imposé une règle de 10 minutes. Je me permets 10 minutes de cancans par jour, etc. … » Ou bien, si vous vous retrouvez au beau milieu d’une diarrhée verbale, reconnaissez-la et cessez-la immédiatement. Si cela se produit en présence des autres, vous pouvez le reconnaître comme suit : « Critique, cancan, @%#&, potin, bavasse, ragot, négatif, commérage… BON! Ça fait déjà trois minutes que j’ai cette diarrhée verbale. C’est fini maintenant! Je me sens beaucoup mieux. » Vous pouvez même ajouter en riant : « Merci d’avoir écouté à mes flagrants délits, mais il ne me reste que 7 minutes de potinage pour la journée et je dois les garder en cas d’urgence! »
 
Un défi à relever
 
À ton  tour de mettre cette règle en application. Voici les étapes à suivre :
 
  • Écoute ce que les gens de ton entourage ont à dire. Est-ce majoritairement positif ou négatif?
  • Remarque ce qui est important pour toi à partager avec les autres. Est-ce majoritairement positif ou négatif? Si négatif :
  • Accepte le fait que tu es comme cela.
  • Impose-toi la règle des 10 minutes.
  • Partage cette règle avec les gens qui t’entourent.
  • Fixe-toi l’objectif de ne pas utiliser les 10 minutes du tout.
Avec cette nouvelle habitude, tu seras surpris par toutes les opportunités et les invitations qui s’offriront à toi, et tu seras guérie de cet affreux virus!
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