Pardonnez-moi ! Il y a longtemps que j'ai écrit. Ce n’est pas parce que je n’avais pas le temps, mais plutôt parce que je n’étais pas dans l’esprit des fêtes du tout. C'est bizarre puisque mon prénom, Nathalie, veut dire matin de noël.
Par contre, lorsque j’étais toute petite, noël était magique. Mes tantes, oncles, cousins et cousines se rassemblaient tous chez mes grand parents le 24 au soir. On se couchait tôt et on nous réveillait à temps pour la messe de minuit. Après la messe, un festin nous attendait que grand maman avait préparé avec amour : dinde, tourtières, jambon, salades, atacas, bines, etc. Oncle Nelson et tante Louisette jouait du violon et de l’accordéon et on chantait des chansons à répondre. Ensuite, nous ouvrions nos cadeaux et nous nous amusions jusqu’au lever du soleil.
Ça c’était avant le divorce de mes parents lorsque j’avais 8 ans. Ensuite noël c’est gâcher.
Le premier noël avec mon père après le divorce, il était seul et déprimer. Nous l’avons passé chez lui à le regarder boire et pleurer, et à l’écouter crier contre nous, ma mère et ma grand-mère.
Quelques années après le divorce, mon père a rencontré une autre femme. Encore là, comme à tous les noël, c’était la guerre entre ma mère et mon père à savoir qui aurait les enfants les 24 et 25 … et c’est moi qui étais la messagère de cette guerre. Alors mon frère et moi passions le matin de noël avec une famille pour ensuite partir sur la route toute l’après-midi afin de se rendre dans l'autre famille pour le souper. Pour moi, noël était devenu une liste de choses à faire pour plaire à tout le monde … sauf moi-même.
Mon frère déménagea chez mon père lorsque j’avais 11 ans. Noël suite à cet évènement apportaient de nouveaux défis personnels. Par exemple, lorsque venaient le temps des cadeaux chez mon père, je regardais mon frère et mon demi-frère déballer des ensembles de skis, de bottes, manteaux, etc. et moi, je déballais un petit horloge et j’avais droit à un « Si tu habitais ici, toi aussi tu aurais de beaux cadeaux. ».
À l’âge de 15 ans, devenue indépendante, j’ai voulue faire une grande surprise à mon père. Je me suis rendue le 24 au soir chez ses beaux-parents ou il y avait un réveillon avec toute la famille (comme à l’époque chez mes grands parents lorsque j’étais toute petite). Quelle erreur ! Je me rappelle comme si c’était hier. Les enfants jouaient au sous-sol, les femmes jasaient dans la cuisine et les hommes regardaient la partie des Canadiens à la télé. Je me suis assise aux côtés de mon père dans le salon et il s’est mis à m’engueuler ; « Qu’est-ce que tu fais ici ? Tu n’es même pas ma fille ! T’es une crisse de folle pareil comme ta mère… etc. …» Il prit une autre grande gorgée de bière, les hommes commençaient à se lever un par un pour aller retrouver les femmes dans la cuisine. « Tu n’es même pas sur mon testament, *stie de couleuvre de t*b*rn*k ! … etc. …» Je crois que cela dura plus d’une demi-heure avant que sa femme viennent lui dire que c’était assez.
Voilà ! J’avais ruiné leur noël ! Je suis repartie en sanglots, me jurant de ne plus jamais même essayer de faire plaisir à mon père.
J'ai appris que l'important est de se créer un noël qu'on aime. Oui, il nous arrive de faire de mauvais choix et des erreurs, mais elles ne font que nous aider à grandir et à devenir une meilleure personne. J'ai appris également, qu'il ne faut pas se laisser affecter par les paroles des gens autours de nous et il ne faut surtout pas les prendre personnellement. Ces gens qui s'amusent à nous blesser avec leurs paroles sont souvent beaucoup plus malheureux que nous.
Si tu éprouves des difficultés avec les effets de la séparation / divorce de tes parents, n'hésites pas à communiquer avec nous.
Nathalie
