En tant qu’adolescents, nous faisons face à des situations difficiles sans avoir les ressources, les outils ou l’expérience de vie nécessaire pour les affronter. Et le temps des fêtes est toujours plus difficile pour les gens qui se sentent isolés. Alors, si on est un adolescent qui met sa vie en question, qu’est-ce qu’on fait ? Si c’est notre ami(e) qui a des tendances suicidaires, qu’elle est notre responsabilité envers lui (ou elle) ?
J’aimerai partager une histoire que j’ai vécue à l’âge de 14 ans. Mon ami Joseph, qui avait 16 ans, venait me chercher régulièrement pour m’amener faire un tour de moto. On arrêtait dans les parcs et il passait des heures à me raconter des histoires et à me faire rire. C’était un vrai clown ! Son amitié était importante pour moi. Il avait un téléphone dans sa chambre avec une ligne privée qui ne dérangeait pas ses parents (oui, dans mon temps il n’y avait pas d’ordi, ni de cellulaires) et j’en profitais souvent pour lui téléphoner lorsque j’étais seule le soir ou la nuit et que j’avais peur. Nos conversations me réconfortaient. Des fois, on ne parlait même pas ! Il mettait le téléphone près de la radio et me laissait là au bout du fil à écouter de la musique jusqu’à ce que je m’endorme. Ces moments sont encore de souvenirs précieux pour moi.
La semaine avant son anniversaire, Jos est venu me retrouver chez moi avec mon amie Mimi. Comme à l’habitude, il plaisantait, nous faisait rire et à un moment donné, il nous a demandé d’un air sérieux ce qu’on pensait de lui. J’ai tout de suite répondu qu’il était fou, sauté, malade, etc. Il a répété sa question et j’ai répondu la même chose une deuxième fois. Bref, la soirée continue, on s’amuse, et il part en nous disant qu’il nous reverrait bientôt. C’était la dernière fois que je l’ai vu vivant.
Une semaine plus tard, deux jours après ses 17 ans, Mimi m’attendait à l’arrêt d’autobus à mon retour de l’école pour m’annoncer que Joseph a été retrouvé mort sur un banc de neige ce matin-là par deux enfants de 8 ans qui marchaient pour aller à l’école. Jos s’était tiré une balle à la tête. Les mots ne peuvent expliquer combien j’étais bouleversée, ni combien je me suis sentie coupable – pendant longtemps ! Comment se fait-il que je n’aie pas vu cela venir ? Pourquoi n’ai-je pas répondu sérieusement à ses questions existentielles ? Il n’est pas nécessaire de vous dire que depuis ce jour, quand quelqu’un me pose se genre de question, je prends le temps de lui répondre sérieusement et de lui énuméré toutes ses qualités et je suis plus attentive aux paroles des gens.
Je n’ai pas toutes les réponses, au contraire, je n’ai que cette triste expérience, mais si toi ou un(e) de tes ami(e)s est dans une situation similaire, il existe de l’aide ! Si tu ne sais pas comment t'y prendre, parles-en à un adulte, fait quelque chose avant qu’il soit trop tard !
J’ai trouvé un article écrit par Mme Ghislaine Bouchard, M.Ps. Psychologue sur le suicide à l’adolescence. Elle parle des facteurs de risque et des signes précurseurs ainsi que des moyens d’interventions pour aider une personne suicidaire. Je vous invite fortement à le consulter : Le suicide à l’adolescence.
Nathalie
